Jeux gratuits Steam : ce qui disparaît lundi 13 juillet à 13 h, et le seul que vous garderez

Par Critique jeux vidéo
Publié le 12 Juillet 2026 à 16:00 Réagir Ajouter comme source préférée sur Google
Jeux gratuits Steam : ce qui disparaît lundi 13 juillet à 13 h, et le seul que vous garderez
© Studio Wildcard, Jepfore Games, Valve (key art et logos officiels)

Trois jeux s'éteignent lundi à 13 h, un quatrième vous appartient déjà pour toujours, et personne ne prend la peine de vous expliquer la différence.

Le compte à rebours qui tourne en ce moment sur Steam ne concerne pas le jeu que vous devriez installer.

Parce que la plateforme range cette semaine sous le même mot trois offres qui n'ont rien à voir, et celle qui vous met la pression est justement celle qui repartira avec ses jeux lundi 13 juillet à 13 h.

Free Weekend Steam : quatre jours de jeu, zéro jeu à la fin

Depuis jeudi 9 juillet, ARK: Survival Ascended, Against the Storm et Gogh sont jouables intégralement, sans rien débourser. Puis lundi 13 juillet à 13 h, l'heure affichée dans votre client Steam, les trois se referment. Un Free Weekend ne dépose rien dans votre bibliothèque. Vous jouez, vos sauvegardes sont conservées, et si vous voulez continuer l'aventure, vous passez à la caisse. C'est une démo avec une horloge.

Voilà ce qui vous attend, dans l'ordre où Valve l'a rangé.

Jeu Ce que c'est Avis Steam Prix jusqu'au 23 juillet
ARK: Survival Ascended (Studio Wildcard) Survie et dinosaures, remake Unreal Engine 5, toujours en accès anticipé 60 % d'avis positifs 11,24 $ au lieu de 44,99 $
Against the Storm (Eremite Games) City builder roguelite sous une pluie sans fin 95 % d'avis positifs 8,99 $ au lieu de 29,99 $
Gogh (ambr) Bureau virtuel cosy, avatar anime, minuteurs et to-do 93 % d'avis positifs 7,19 $ au lieu de 11,99 $

Regardez ces chiffres deux secondes. Le plus gros morceau du lot, ARK, est aussi le moins aimé, et pour une raison identifiée : ses performances font tousser la moitié des configs. Le meilleur, Against the Storm, réclame une vingtaine d'heures avant de vous faire atteindre son premier Sceau, soit davantage que la fenêtre gratuite elle-même. Le Free Weekend n'est pas calibré pour que vous finissiez quoi que ce soit. Il est calibré pour que vous vouliez la suite, et la suite est en promotion jusqu'au 23 juillet. Honnêtement, c'est du travail commercial très propre. Ça n'a simplement rien d'un cadeau.

Il existe pourtant, cette semaine, un jeu que vous ne rendrez pas.

Ellingby House : 92 % d'avis positifs, gratuit à vie, et pas la moindre urgence

Vous êtes agent de sécurité. Il est tard, vous patrouillez dans les bureaux de J.R Holder and Sons, un siège social londonien officiellement fermé pour rénovation, sauf que rien ici ne ressemble à un chantier. C'est la scène d'ouverture d'Ellingby House, sorti le 10 février 2025, et devenu gratuit pour de bon sur Steam. Pas jouable gratuitement quelques jours. Gratuit. Vous cliquez, il est à vous, définitivement.

Le studio Jepfore Games a basculé son jeu en accès libre sans publicité ni boutique intégrée, avec le contenu complet du lancement payant. Il était vendu 13,99 € à sa sortie, puis descendu à 4,99 €. Une réserve sur la date, quand même : WorldOfGeek situe la bascule au 20 juin 2026, La Crème du Gaming parle de « début juillet ». Les deux sources se contredisent et je ne tranche pas. Ça ne change rien pour vous, le jeu est déjà là.

Sur le fond, c'est un point-and-click à la première personne qui explore ses décors en panoramas 360° pré-rendus, dans la lignée de Myst ou d'INFRA. Aucun jumpscare, aucune poursuite. On avance en lisant des documents, en fouillant des ordinateurs, en comprenant le lieu avant de comprendre l'intrigue, une entreprise au bord du gouffre et un ransomware mondial. 92 % d'avis positifs sur Steam, mention « Very Positive », 10 à 15 h de jeu, et une configuration qui tient sur n'importe quelle machine (2 Go de RAM, 6 Go de disque). Le jeu s'appuie aussi sur des visages et des voix générés par IA, ce qui plaira ou pas, mais qui mérite d'être dit avant d'installer.

Un détail me chiffonne dans la couverture de ce jeu. Steam ne donne pas de notes sur 10, il publie un pourcentage d'avis. Transformer 92 % en « 9/10 » dans un titre, c'est fabriquer un chiffre qui n'existe nulle part, et c'est exactement le genre de note qui finit par remplacer l'argument. Ellingby House n'a pas besoin de cette béquille. Reste la troisième famille de la semaine, celle qu'on vous vend comme un cadeau alors qu'elle n'en est pas un.

Free to Play n'est pas « devenu gratuit », et quatre indés le prouvent

Quatre jeux indépendants circulent en ce moment dans les listes de « gratuits Steam », tous sortis fin juin 2026, tous sans limite de temps. Sauf qu'ils n'ont jamais coûté un centime. Ce sont des free-to-play, nés gratuits, et les aligner à côté d'un jeu à 13,99 € qui vient de tomber à zéro revient à présenter un verre d'eau du robinet comme une promotion.

  • Wobbly Heist : infiltration en 3D où vous dirigez un boss capybara et sa bande, entre puzzles et déguisements douteux. Signé ISART Digital, école-studio française.
  • Rise of Eurevia : action-RPG solo en monde ouvert, donjons et arènes PvP, interface en français. Le plus gourmand du lot côté machine.
  • One Death at a Time : environ 1 h, humour macabre, 14 façons de mourir à débusquer.
  • The Colors of Love – Re-Colored : visual novel romantique en Live2D, uniquement en anglais et en espagnol.

Gratuit depuis toujours ne veut pas dire mauvais, et Wobbly Heist mérite mieux que la liste où on l'a rangé. Un jeu d'école française qui ose le capybara cambrioleur vaut bien un quart d'heure de votre attention.

Le seul vrai cadeau de la semaine tient en un clic

Faisons le tri. Le Free Weekend vous prend quelque chose : quatre jours, une date de péremption lundi à 13 h, et rien au bout. Les free-to-play ne vous prennent ni ne vous donnent rien, ils étaient là la semaine dernière, ils seront là la semaine prochaine. Ellingby House vous donne un jeu complet, à vie, pour zéro euro. C'est la seule ligne de ce classement où le mot gratuit signifie ce qu'il prétend signifier.

Mon arbitrage, si vous n'avez du temps que pour une chose : installez Ellingby House maintenant. Lui ne partira pas, mais vous, vous oublierez. Et si le week-end vous démange quand même, lancez Against the Storm plutôt qu'ARK. 95 % d'avis positifs contre 60 %, 8,99 $ contre 11,24 $ en promotion, le calcul se fait tout seul. Un city builder qui exige vingt heures avant de dévoiler sa vraie boucle de gameplay a plus à raconter qu'un remake technique qui rame.

Et vous, vous avez cliqué sur lequel ? Dites-moi en commentaire lequel de ces huit jeux vous a fait rester plus de deux heures. Ce sont les seuls verdicts qui m'intéressent.

À retenir

  • Le Free Weekend Steam (ARK: Survival Ascended, Against the Storm, Gogh) s'arrête lundi 13 juillet à 13 h : vous ne gardez aucun des trois jeux, seulement vos sauvegardes.
  • Les promotions, elles, courent jusqu'au 23 juillet : ARK à 11,24 $, Against the Storm à 8,99 $, Gogh à 7,19 $.
  • Ellingby House (Jepfore Games) est passé gratuit à vie sur Steam, sans publicité ni boutique intégrée. Vendu 13,99 € à sa sortie, il reste dans votre bibliothèque une fois récupéré.
  • Ce point-and-click affiche 92 % d'avis positifs pour 10 à 15 h de jeu, et tourne sur à peu près n'importe quel PC (2 Go de RAM, 6 Go de disque).
  • Les quatre indés « gratuits » qui circulent (Wobbly Heist, Rise of Eurevia, One Death at a Time, The Colors of Love) sont des free-to-play : ils n'ont jamais été payants, rien n'a changé pour eux cette semaine.
  • Le « 9/10 » attribué à Ellingby House par certains médias n'existe pas : Steam publie un pourcentage d'avis positifs, pas une note sur 10.
Aurélien Bouscarel · Critique jeux vidéo

Critique et essayiste jeu vidéo, spécialiste de la narration et du game design. Il s'intéresse à ce qui fait qu'un jeu raconte vraiment quelque chose.

Tous ses articles →

Commentaires

Soyez le premier à réagir à cet article.

Laisser un commentaire

Ne sera pas publié.

Les commentaires sont relus par notre équipe avant publication.