Castlevania Belmont's Curse arrive le 15 octobre : ce que les aperçus révèlent (et ce qu'ils cachent)

La presse célèbre des Français passionnés et des avis dithyrambiques. Reste la vraie question : ce mythe de 40 ans redevient-il un grand jeu, ou un simple hommage ?
Le 15 octobre, un fantôme de 40 ans revient hanter nos consoles, et il a désormais un accent bordelais.
Derrière l'annonce et le concert de louanges, une décision de Konami en dit déjà long sur ce que ce Castlevania veut devenir.
De la coopérative bordelaise au château de Dracula
Castlevania: Belmont's Curse n'est pas une commande refilée au premier studio venu. Pour les 40 ans de sa saga, Konami est allé chercher Evil Empire, un studio bordelais né en 2019 d'une scission avec Motion Twin, la coopérative derrière Dead Cells. Les deux maisons se connaissent par cœur, puisqu'elles ont déjà cosigné le DLC Return to Castlevania en 2023. L'étincelle vient de là. Evil Empire a pitché un crossover entre Dead Cells et Castlevania, Konami a adoré, et en a commandé un jeu complet. La production tourne depuis 2022, l'annonce est tombée en février 2026.
Ce choix n'a rien d'anecdotique. Konami possède des studios internes et pouvait dérouler le gros hommage balisé. La firme a préféré des gens qui ont fait leurs preuves sur le nerf du gameplay et la lisibilité. On incarne Rose Belmont, fille de Trevor, lâchée dans un Paris de 1499 où le château de Dracula surgit au-dessus des catacombes, 23 ans après les événements de Dracula's Curse. Le pedigree est parfait sur le papier. Ça ne dit rien, encore, de ce que ça vaut une fois la manette en main.
Manette en main : le fouet, le parry et la difficulté comme langage
Les premières prises en main convergent sur un point : ça répond. Chaque coup, chaque saut, chaque esquive a le poids qu'il faut, et Rose se contrôle bien dès les premières minutes. Le fouet, ce Vampire Killer que la série traîne depuis ses débuts, devient un outil de combat acrobatique qui donne au jeu une gestuelle à lui, là où tant de metroidvania finissent par se ressembler.
La boucle repose sur quatre piliers que les aperçus détaillent bien.
- le fouet Vampire Killer, pensé pour un combat mobile et acrobatique ;
- le parry, accessible mais redoutable, capable d'annuler des attaques complexes et de renvoyer les projectiles ;
- la magie, gérée comme une ressource dynamique à dépenser au bon moment ;
- l'exploration metroidvania, avec des outils débloqués qui rouvrent les passages fermés.
Rien de révolutionnaire sur le papier. C'est l'exécution qui décide, et pour l'instant elle inspire confiance.
Reste le sujet qui fâche toujours avec cette série, la difficulté. Je vais être clair, je n'ai jamais cru qu'un jeu exigeant était un jeu élitiste. La difficulté est un langage. Une façon de faire ressentir la peur, le soulagement, la maîtrise arrachée mètre par mètre. Le pari d'Evil Empire consiste à préserver ce langage tout en le rendant lisible pour qui découvre Castlevania par la série Netflix. Le parry accessible va dans ce sens, du moins sur le papier. Parce que l'unanimité des aperçus commence exactement là où les vrais problèmes se planquent.
L'unanimité est un piège : le vrai pari se joue ailleurs
Quand toute la presse répète que le jeu déchire, mon réflexe n'est pas de m'asseoir sur l'applaudissement, c'est de chercher la fissure. Kotaku la nomme sans détour et parle d'un équilibre périlleux. Séduire les nouveaux venus sans trahir les vétérans. Prouver que le jeu vaut mieux qu'un hommage à ses maîtres. Rester lisible malgré une direction artistique très dense. Le testeur avoue même avoir dû baisser la difficulté pour progresser, et conclut qu'il est encore trop tôt pour trancher. Voilà l'information que le concert de louanges enterre.
Côté sortie, Konami a mis le paquet. Le jeu débarque le 15 octobre 2026 partout d'un coup, Switch comprise, ce qui n'était pas acquis il y a quelques semaines encore. Deux éditions se partagent l'affiche.
| Édition | Ce qu'elle contient |
|---|---|
| Standard | Le jeu seul |
| Midnight (physique et digitale) | Le jeu, une galerie son et art de 71 pistes, les costumes Trevor et Sypha, la relique Family's Grace |
Toutes les éditions offrent un costume Alucard, et la Midnight physique ajoute un SteelBook et une carte de tarot en précommande. Le prix, lui, reste étrangement muet.
Ce qui me tient en haleine n'a rien à voir avec la nostalgie. Un mythe se juge à ce qu'il ose faire aujourd'hui, pas à l'émotion qu'il réveille. Confier une saga de 40 ans à un studio issu d'une coopérative, c'est parier que la mémoire d'un genre passe par des créateurs qui l'aiment assez pour la bousculer. Si Evil Empire tient sa ligne de crête, Belmont's Curse pourrait rappeler qu'un grand jeu d'action se mesure d'abord à sa poigne. Rendez-vous le 15 octobre. En attendant, dites-moi en commentaire : vous y croyez, ou vous flairez déjà le classique embaumé sous les louanges ?
À retenir
- Castlevania: Belmont's Curse sort le 15 octobre 2026 sur Switch, PS5, Xbox Series et PC, en simultané.
- Développé par Evil Empire, studio bordelais né de la coopérative Motion Twin (créatrice de Dead Cells), sous licence Konami.
- 26e épisode principal, produit pour les 40 ans de la saga. On incarne Rose Belmont, fille de Trevor, dans un Paris de 1499.
- Manette en main, les aperçus saluent le game feel, le fouet acrobatique et un parry accessible ; les avis sont très positifs.
- Kotaku prévient : le jeu tient un équilibre périlleux entre néophytes et vétérans, et il est encore trop tôt pour juger.
- Deux éditions, Standard et Midnight (galerie de 71 pistes, costumes, relique). Prix non communiqué.
Critique et essayiste jeu vidéo, spécialiste de la narration et du game design. Il s'intéresse à ce qui fait qu'un jeu raconte vraiment quelque chose.
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