SteamOS sur PC préassemblé : pourquoi les premiers modèles sans Windows changent vraiment la donne

Parce que Valve a discrètement publié une image officielle de SteamOS installable sur n'importe quelle machine, un constructeur a dégainé dès le 22 juin 2026 le tout premier PC de bureau livré sans Windows — un système gratuit, pensé pour le salon, qui vient sérieusement titiller l'hégémonie de Microsoft sur le jeu PC, à condition d'avaler deux compromis soigneusement passés sous silence avant l'achat, alors : vraie relève de Windows, ou révolution réservée à quelques élus ?
Et si ton prochain PC gaming ne démarrait plus jamais sur Windows ? La question vient de quitter le terrain de la théorie : SteamOS, le système de Valve jusqu'ici réservé au Steam Deck, peut désormais s'installer sur une machine classique — et les premiers PC de bureau qui en font leur système par défaut sont déjà en précommande. Pour des millions de joueurs lassés des mises à jour forcées et de la lourdeur de Windows, c'est peut-être le premier vrai point de bascule.
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Mais avant de jeter ta licence Windows aux orties, il y a une nuance que les annonces enthousiastes oublient soigneusement de mettre en avant : ce basculement repose sur une seule décision de Valve, prise il y a quelques jours à peine, et sur une ligne de prérequis qui décide, à elle seule, si ton PC actuel est éligible — ou totalement hors-jeu. Commençons par ce qui vient exactement de changer.
Valve vient de « déverrouiller » SteamOS (et ça change tout)
Pendant des années, SteamOS est resté prisonnier d'une seule machine : le Steam Deck. Pour en profiter ailleurs, il fallait bricoler. Tout a basculé le 22 juin 2026, quand Valve a mis en ligne une image d'installation officielle de SteamOS 3.8 directement sur le site support de Steam. Concrètement : tu télécharges le fichier, tu le flashes sur une clé USB de 16 Go, tu démarres ton PC dessus, et le système s'installe comme un Windows — sauf qu'il est gratuit et pensé pour jouer au salon, manette en main.
Ce n'est pas une bidouille de plus : c'est Valve qui ouvre lui-même la porte, avec un installeur maison, un mode bureau modernisé (KDE Plasma, noyau Linux récent) et une vraie première configuration. Autrement dit, l'éditeur ne se contente plus de vendre des jeux : il propose un système d'exploitation complet pour tous les remplacer. Et un constructeur n'a pas attendu que Valve sorte sa propre console maison pour transformer cette ouverture en produit fini, posé sur l'étagère.
Le Steamroller, premier PC « clé en main » sans Windows, à 1 299 $
Ce constructeur, c'est MetaPCs, et sa machine s'appelle le Steamroller. Son coup d'éclat : c'est le tout premier PC de bureau préassemblé livré nativement sous SteamOS, et il arrive avant même la Steam Machine officielle de Valve. Précommandes déjà ouvertes, livraison à partir du 3 juillet 2026, pour 1 299 $ — uniquement aux États-Unis et au Canada pour l'instant.

Sous le capot, aucun composant exotique, du matériel PC parfaitement standard :
- Processeur AMD Ryzen 5 9600X
- Carte graphique Radeon RX 7600
- 16 Go de DDR5
- SSD NVMe 1 To
- Format Micro-ATX
L'ensemble vise le jeu en 1080p sans broncher — pas de quoi écraser une tour à 2 000 €, mais un ticket d'entrée crédible pour le salon. Un détail mérite toutefois ton attention avant de sortir la carte bleue : tu as peut-être tiqué sur une référence de cette fiche, la Radeon RX 7600. Ce n'est pas un hasard marketing — c'est la condition la plus stricte de tout le projet SteamOS, et elle écarte d'un coup une énorme partie des joueurs PC.
AMD oui, Nvidia non : le verrou matériel qui élimine la moitié des configs
Pour faire tourner SteamOS aujourd'hui, il faut une carte graphique AMD. Pas un conseil : une obligation. Les Radeon RX 6000 (architecture RDNA 2, celle du Steam Deck) et RX 7000 (RDNA 3, celle de la Steam Machine) offrent le meilleur support ; les puces graphiques Intel intégrées passent également. Le problème saute aux yeux : les cartes Nvidia, ultra-majoritaires sur les PC gaming, ne sont pas prises en charge pour l'instant.
Si ta tour tourne avec une GeForce RTX, tu es donc, pour le moment, simplement hors-jeu — installeur ou pas. Valve assure travailler avec Nvidia et muscler son équipe dédiée, mais aucune date ferme n'a été communiquée : si tu joues sur carte verte, mieux vaut considérer le support comme « pas pour tout de suite ». Et même en cochant la bonne case matérielle, un dernier obstacle peut transformer le rêve du jeu sans Windows en mauvaise surprise, pile au moment de lancer ton jeu préféré.
Alternative sérieuse à Windows ? Anti-triche et perfs tranchent
C'est le nerf de la guerre, et la vraie raison pour laquelle Windows ne tremble pas (encore) : l'anti-triche. Sur les 1 136 jeux qui exigent un système anti-cheat, plus de la moitié refusent tout simplement de se lancer sous SteamOS. Les protections noyau les plus répandues — Vanguard (Valorant), Ricochet (Call of Duty), Javelin (EA) — sont incompatibles. Traduction sans détour : pas de Valorant, pas de Call of Duty, pas de Fortnite, pas de Battlefield.
Faut-il pour autant jeter Windows ? Tout dépend, en réalité, du type de joueur que tu es. Voici, sans détour, ce que SteamOS sur un PC préassemblé t'offre — et te refuse — aujourd'hui :
| Ton profil de joueur | SteamOS sur PC préassemblé |
|---|---|
| Jeux solo / coopération | ✅ L'essentiel du catalogue via Proton, souvent au niveau de Windows |
| Multijoueur compétitif (Valorant, CoD, Fortnite) | ❌ Bloqué par l'anti-triche noyau |
| Carte graphique AMD (RX 6000 / 7000) | ✅ Pleinement supporté |
| Carte graphique Nvidia | ❌ Pas encore pris en charge |
| Petite config / console portable | ✅ Jusqu'à +75 % de perfs face à Windows |
| GPU dédié haut de gamme | ⚠️ L'avantage s'efface, Windows repasse parfois devant |
Alors, alternative sérieuse à Windows ? Oui, et c'est inédit : pour un joueur solo, équipé AMD, qui veut une machine simple, gratuite et orientée salon, SteamOS coche enfin les cases. Non, si tu vis dans le multijoueur compétitif ou que tu carbures à une GeForce : Windows reste, pour l'instant, incontournable. Le vrai basculement ne dépend plus de Valve — il dépend de ton profil de joueur.
Et toi, tu franchirais le pas ? Un PC qui démarre sur Steam plutôt que sur Windows, c'est l'avenir ou un gadget de niche ? Dis-nous en commentaire quel jeu te ferait (ou non) lâcher Windows.
À retenir
- Valve a publié le 22 juin 2026 une image officielle SteamOS 3.8, installable gratuitement sur n'importe quel PC (clé USB 16 Go).
- Le Steamroller de MetaPCs est le premier PC préassemblé sous SteamOS, sorti avant la Steam Machine de Valve : 1 299 $, livraison dès le 3 juillet 2026 (US + Canada).
- Specs : Ryzen 5 9600X, Radeon RX 7600, 16 Go DDR5, SSD 1 To, jeu en 1080p.
- Condition non négociable : GPU AMD obligatoire (RX 6000/7000), iGPU Intel ok — Nvidia non supporté pour l'instant.
- Le vrai frein : plus de la moitié des 1 136 jeux à anti-triche sont bloqués — pas de Valorant, Call of Duty, Fortnite ni Battlefield.
- En solo et sur l'essentiel du catalogue, Proton fait tourner la majorité des jeux sans réglage.
- Côté perfs, SteamOS dépasse Windows sur les consoles portables (jusqu'à +75 %) mais rattrape à peine, voire perd, sur une carte graphique dédiée.
Critique et essayiste jeu vidéo, spécialiste de la narration et du game design. Il s'intéresse à ce qui fait qu'un jeu raconte vraiment quelque chose.
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