Paco « HyDra », seul Français du Major de Paris : à une manche du sacre, tout a basculé

Parce qu'il porte à lui seul, depuis plus de dix ans, une scène française que personne d'autre n'a su hisser au sommet, ce dimanche 28 juin à Paris La Défense Arena, c'est tout un pays qui a cru tenir son premier sacre à domicile avant de le voir se déliter manche après manche — face à cette même équipe américaine, OpTic Texas, qui l'avait déjà privé du titre mondial en 2024 — et la vraie question, maintenant, est de savoir si le « French Phenom » se relèvera une fois de plus ou si l'esport tricolore restera condamné à regarder les Américains soulever les trophées.
Si tu ne suis Call of Duty que de loin, tu as peut-être raté le scénario le plus cruel de l'esport français en 2026. Pas une élimination en poules, pas une défaite anonyme : un titre quasiment tenu à 3-0, sous les yeux de 20 000 personnes réunies à Paris, qui se volatilise en moins d'une heure. Et le héros de cette histoire est sans doute le seul Français capable, manette en main, de rivaliser avec les meilleurs joueurs américains de la planète.
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Pour mesurer à quel point cette soirée va rester gravée, il faut d'abord comprendre ce que pèse Paco « HyDra » Rusiewiez. Parce qu'au milieu des 48 meilleurs joueurs du monde réunis à La Défense, il n'y avait qu'un seul drapeau bleu-blanc-rouge. Un seul homme pour porter, sur ses épaules, les espoirs de tout un pays — et c'est précisément ce fardeau, immense, qui rend la suite aussi difficile à digérer.
Un seul tricolore au milieu de l'élite mondiale
Quand on parle de Call of Duty au plus haut niveau, on parle d'un sport quasi exclusivement américain. Au Major de Paris, sur les 48 joueurs réunis — soit 12 équipes de quatre —, on comptait environ 32 Américains… et un seul Français : Paco « HyDra » Rusiewiez. Depuis plus de dix ans, il est tout simplement le seul tricolore à tenir tête, manche après manche, à l'armada nord-américaine.
Attention au piège : oui, une structure française, Gentle Mates — fondée par Squeezie, Gotaga et Brawks —, était bien présente à La Défense. Mais ses quatre joueurs sont américains. Le seul à porter réellement le drapeau bleu-blanc-rouge sur la scène, c'était donc HyDra, et lui seul. Et le décor rajoutait une pression colossale : Paris La Défense Arena, du 26 au 28 juin 2026, près de 20 000 spectateurs chaque jour, venus en partie pour lui. Porter un pays entier sur ses épaules, à domicile, c'est déjà immense — mais ce soir-là, HyDra n'a jamais été aussi près de transformer ce fardeau en sacre, avant que tout ne bascule.
La grande finale : à un round du sacre, devant son public
Dimanche soir, grande finale. En face d'HyDra et de ses LA Thieves, le pire client possible : OpTic Texas, champions du monde en titre, la meilleure équipe de la planète. Et le format ne pardonne rien — un best-of-7, le premier à quatre manches soulève le trophée. Toute l'arène retient son souffle : un sacre à domicile, ce serait tout simplement historique.

Et le scénario rêvé se met en place. Les Thieves s'envolent et remportent les trois premières manches, portées par un HyDra des grands soirs : son duo de SMG avec aBeZy est intenable, notamment sur le Search & Destroy disputé sur la map Sake, où le Français découpe la défense adverse. 3-0. Il ne manque plus qu'une seule manche. Dans les travées de La Défense, on hurle déjà la victoire, le titre tend les bras — et personne, absolument personne, n'imagine ce qui va se passer dans l'heure qui suit.
Le reverse sweep 4-3 : le crève-cœur historique
Ce qui suit appartient déjà à la légende noire de l'esport français. Acculé, OpTic Texas refuse de mourir et enchaîne quatre manches d'affilée. Le 3-0 se transforme en 3-1, puis 3-2, 3-3… et enfin 4-3. Un reverse sweep — revenir de 0-3 pour l'emporter —, l'une des remontées les plus rares et les plus cruelles qui soient. À une manche près, le rêve français a basculé du bon au mauvais côté de l'histoire.
Le verdict est sans appel : OpTic Texas repart avec le titre du Major de Paris et 150 000 $, quand les LA Thieves se contentent des 90 000 $ du finaliste, le goût de cendre en plus. Dashy est élu MVP du tournoi — le couteau qu'on retourne dans la plaie. Dans l'arène, le silence a remplacé les chants ; 20 000 personnes venues fêter un héros repartent groggy. Mais pour comprendre pourquoi cette défaite dépasse, et de loin, un simple résultat sportif, il faut remonter des années en arrière — jusqu'à un gamin de Poitiers, une manette entre les mains.
De Poitiers aux sommets : le parcours du « French Phenom »
Tout commence à Poitiers, où Paco Rusiewiez naît le 11 février 2002. D'origine algérienne, il tombe dans Call of Duty très tôt : « À 8-9 ans, j'ai vite été passionné par le jeu », raconte-t-il. À 13 ans, il écume déjà les tournois amateurs parisiens, quand la plupart des ados de son âge jouent encore dans leur chambre sans autre ambition que le fun.
De là, l'ascension est fulgurante. Il enchaîne les structures françaises avant de décrocher le Graal : un siège chez les New York Subliners, équipe franchisée de la Call of Duty League, le championnat fermé qui réunit la crème mondiale. Là-bas, il gagne un surnom qui en dit long : le « French Phenom », le phénomène français. Mais réduire HyDra à « un très bon joueur français » serait une grossière erreur — parce que ce qu'il a accompli ensuite, aucun Européen ne l'avait jamais fait avant lui.
Une légende déjà gravée : le palmarès
Le sommet, c'est 2023. Cette année-là, avec les New York Subliners, HyDra est sacré champion du monde de Call of Duty — et devient le tout premier Européen de l'histoire à soulever le trophée des Worlds. Dans un sport trusté par les Américains depuis sa création, c'est une rupture historique.
Et ce n'est pas un coup d'éclat isolé. Le reste de son armoire à trophées force le respect :
- MVP de la saison régulière 2023
- Controller Player of the Year 2023 (Esports Awards)
- Plusieurs Majors remportés (2022, 2023, 2024)
Avec un tel CV, on l'imagine mal trembler à une manche du sacre. Sauf qu'une équipe, une seule, semble avoir trouvé la faille — et qu'elle l'attend, encore et encore, au tournant des finales.
OpTic, le bourreau — et la revanche à écrire
Car Paris n'est pas la première fois qu'OpTic Texas brise le rêve d'HyDra — c'est même un schéma qui se répète :
| Année | Compétition | Résultat face à OpTic Texas |
|---|---|---|
| 2024 | Finale des Worlds (NY Subliners) | Défaite — vice-champion du monde |
| 2026 | Finale du Major de Paris (LA Thieves) | Défaite 4-3 (reverse sweep) |
Deux finales majeures, deux fois le même bourreau : OpTic est devenu la bête noire de Paco, l'obstacle qui se dresse pile au moment où le titre semble acquis.
Reste l'essentiel. À 24 ans, HyDra demeure une légende vivante et le porte-étendard d'une scène Call of Duty française qui, sans lui, n'existerait tout simplement pas au sommet. Une défaite, aussi cruelle soit-elle, n'efface ni un titre mondial, ni le statut de seul Français capable de bousculer les Américains chez eux. La vraie question n'est donc pas de savoir s'il va se relever — mais quand il ira chercher la revanche qui lui manque.
À retenir
- Paco « HyDra » Rusiewiez, 24 ans, est le seul joueur français de l'élite mondiale de Call of Duty depuis plus de 10 ans.
- Au Major de Paris (Paris La Défense Arena, 26-28 juin 2026, ~20 000 spectateurs/jour), il était le seul tricolore parmi 48 joueurs.
- En grande finale, ses LA Thieves ont mené 3-0… avant de subir un reverse sweep 4-3 face à OpTic Texas, champions du monde en titre.
- C'est la 2ᵉ fois qu'OpTic brise son rêve en finale, après celle des Worlds 2024 : un véritable bourreau récurrent.
- HyDra reste une légende : champion du monde 2023 (1ᵉʳ Européen à gagner les Worlds CoD), MVP de la saison régulière et Controller Player of the Year 2023.
- Du gamin de Poitiers au sommet mondial, il porte à lui seul une scène française qui n'existerait pas sans lui.
Et toi, qu'en penses-tu ? HyDra finira-t-il par renverser OpTic pour offrir à la France son premier sacre tant attendu ? Le seul Français de l'élite mondiale mérite-t-il enfin la lumière qu'on réserve aux stars américaines ? Dis-le-nous en commentaire 👇
Journaliste et analyste e-sport. Ancien joueur semi-professionnel de Counter-Strike, il décrypte la compétition FPS et MOBA : la meta, les matchs, les équipes.
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